
Poésie
Poème en balade
Les bulles légères
de mon esprit s’envolent
Là où les roses printanières
étirent leurs corolles.
Les papillons s’étalent sur les façades,
Rencontre amicale d’un chien en balade,
Interrompue par une horrible sérénade.
Vite oubliée, je continue ma promenade.
Craignons-nous tellement la nature,
Que nous la bridons, contenue par des clôtures ?
Pour les plus petits, plaine de jeux en dur.
Rejoins dans le rire par les plus matures.
Au détour d’un sentier, partir à l’aventure,
Dans la boue, les orties, gare aux éraflures.
Retour brutal à la civilisation.
Ce n’est pas une agréable sensation.
D’ailleurs, ça tue mon imagination.
Je suis une funambule de rue,
Freinée par des sportifs qui puent.
Avant de finir en déchet abandonné,
Je retrouve mon havre de sérénité.
Haïku
Elle danse seule
Sous la lune et les étoiles
Moment suspendu
Haïku d'hiver
Nature endormie
Savourer le soleil doux
D'un matin glacé
Haïku
Grisaille générale
Le monde se resserre, j'étouffe
Trouver le soleil
Haïku de printemps polyglotte
Arbres en fleurs
En nourrir mon second printemps
Éviter de flétrir
Multilingual spring Haïku
The trees are in bloom
They feed my second spring
To not fade within
Haïku de primavera multilingüe
Árboles en flor
Nutrir mi segun primavera
Y no marchitarse
Haïku du matin
Lendemain de pluie
Telle la goutte sur la feuille
Le doute pèse sur mon âme
Haïku de nuit
Le sommeil me fuit
La blanche nuit illumine
Mes sombres pensées
Haïku de campagne
Le moineau léger
Vole puis se pose sur la branche –
Elle ploie sous son poids
Haïku
Comme une vague
Être submergée par l'émotion
Aimer s'y abandonner
Miroir
Miroir courbe, miroir trouble,
Tu ne reflètes qu’un de mes doubles.
Il me décortique, me dévisage.
Je ne reconnais pas ce visage !
Qui es-tu ?
Toi l’inconnue
Qui me mets à nu.
Vieille peau, fatiguée, grisée, ridée, fripée, usée, bonne à jeter.
Ce n’est pas moi. Tu n’es pas moi !
Dedans,
Je bouillonne.
Mes tripes avec mon cœur fusionnent.
Dedans,
J’ai 20 ou 30 ans
Je vis ici et maintenant !
Dedans,
C’est sauvage, indompté.
Dedans,
Je ne peux pas me tromper.
Dedans,
Tu me vois maintenant ?
Miroir sans tain
Miroir sans rien
Miroirs sans fin
Tu te fissures
Mes faces s’alignent, se superposent, se chevauchent, se métamorphosent.
Blessures
D’hier, de la vie, de la création qui jaillit.
Pour m’abattre, ça n’a pas suffi.
Déchirures
Vieille peau, fatiguée, grisée, ridée, fripée, usée, bonne à jeter.
Miroir, mon beau miroir
Aujourd’hui
Qu’importe le trou noir
Je sais qui je suis !
